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Rubrique " Les Conférences de Notre Dame "
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Une fois par trimestre en soirée, l’Association des Parents d’Elèves vous invite à une conférence débat sur des thèmes touchant à l’éducation et aux problèmes de société.
Confrontés aux problèmes d’intégration scolaire, de mal de vivre, de violence, de difficultés scolaires…jeunes et parents ont besoin d’être écoutés, informés et épaulés.
Ainsi, cette « école des parents » permet de vous réunir autour d’un conférencier avec le souci de tenter de répondre à vos demandes, à vos inquiétudes et d’apporter une contribution à une « école ouverte à tous, une école de toutes les intelligences » (Assises de l’Enseignement Catholique de janvier 2002).
N’hésitez pas à nous faire part de vos remarques et de vos attentes concernant des thèmes à traiter lors des prochaines conférences.
Marie Aline LEFEBVRE et Valérie CHENNEVIERE
Responsables des Conférences de Notre Dame
Vous pouvez consulter le compte rendu des précédentes conférences d'un simple clic :
HALTE A LA LA DROGUE
Adjudant Chaumont
Brigade de prévention de la délinquance juvénile - Gendarmerie Nationale
Dr COQUS
médecin psychanalyste - membre de l’Association PART AGE51
Intervention du DR COQUS
Pour poser le problème, quelques chiffres émanant de statistiques nationales sont rapportés par l’intervenant, sur l’usage des principales drogues chez des adolescents, et plus particulièrement sur la notion de prévalence vie c’est à dire « l’usage déclaré d’au moins une fois », de tabac, de boissons alcoolisées ou de cannabis. Les statistiques sont données pour les adolescents des deux sexes :
| Produits |
Age |
Sexe (en %) |
| Garçons |
Filles |
| TABAC |
| > 1 fois |
15 |
70 |
70 |
| 18 |
82 |
84 |
| Usage quotidien |
15 |
18 |
22 |
| 18 |
39 |
41 |
| ALCOOL |
| > 1 fois |
16 |
86 |
85 |
| >10 fois/mois |
16 |
14 |
5 |
| Ivresse 1fois |
16 |
51 |
42 |
| Ivresse 10 fois/an |
16 |
5 |
2 |
| CANNABIS |
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| > 1 fois |
15 |
21 |
18 |
| 18 |
50 |
50 |
| Régulièrement |
16 |
10 |
4 |
| > 1 fois/semaine |
18 |
20 |
10 |
Pour le tabac, les spécialistes s’accordent pour définir le seuil de dépendances à 5 à 6 cigarettes/jour
• Ce que nous disent les enfants
Les enfants, quand on les interroge réagissent par différents commentaires :
- il "s’autorisent" à utiliser une drogue à titre d’expérience,
- ils se font plaisir (pour parfois s’éloigner du déplaisir),
- ils disent qu’ils ne font pas de mal ni à eux-mêmes ni aux autres (ils ne voient que les cotés positifs de la prise de drogue et font généralement une totale abstraction des effets négatifs),
- ils pensent pouvoir se contrôler et arrêter quand ils le veulent.
• Ce que nous leur disons
Nous leur disons que les drogues sont les stupéfiants ou selon le terme maintenant consacré : des produits psycho-actifs.
Lors d’une discussion avec un adolescent, il est important de reconnaître les effets effectivement positifs des drogues (calmant, désinhibant, défatigant, analgésiant,…), pour mieux évoquer les dangers de leur utilisation.
Les effets physiologiques de la prise de drogues sont lourds de conséquences sur la santé:ils se concentrent sur une zone précise du cerveau : la zone des besoins vitaux (faim, soif, envies ) qu’ils vont complètement modifier. Un drogué ne ressent plus la douleur, n’a plus envie de dormir et peut rester éveillé pendant plusieurs jours, il n’a plus faim et n’a même plus conscience d’effectuer ses besoins naturels.
Après une seule prise de stupéfiant, rien ne sera plus comme avant : il y a un AVANT, un PENDANT, un APRÈS.
Avant de l’avoir utilisé, il a déjà pris la décision d’en prendre. Ensuite, il y a l’acte agressif de faire pénétrer le produit dans l’organisme (inhalation, piqûre, etc…). Après ce passage à l’acte, le drogué est changé dans sa personnalité et dans sa physiologie.
En effet, le produit va cibler électivement le cerveau mais va circuler dans tout l’organisme avec une TOXICITE particulière pour certains organes (cœur, rein etc..) avant d’être éliminé sous forme de déchets par la sueur mais surtout par les urines (parfois d’une façon très lente, plusieurs semaines et mois après).
Intervention de l’adjudant Chaumont
Un diaporama vient rappeler les différents drogues actuellement utilisées.
Parmi celles ci l’intervenant a insisté plus particulièrement sur l’héroïne, l’ecstasy et le cannabis.
Cette dernière est généralement banalisée à tort
Le cannabis : à titre d’information cette plante au feuillage dentelée est présenté aux participants.
A plusieurs reprises, gendarmes et policiers de la région sont intervenus chez des particuliers qui avaient développé dans leur appartement de véritables plantations, destinés à un usage personnel mais aussi à une revente particulièrement fructueuse.
Le cannabis se présente généralement soit sous forme de poudre, de plaques de résine et d’huile à forte concentration. Les mélanges fabriqués par les revendeurs peuvent être extrêmement dangereux voire fatals pour les utilisateurs (traces d’arsenic et de mort au rat découverts à plusieurs occasions).
Son prix désormais dérisoire en fait une des drogues les plus familières des jeunes, d’autant que le cannabis est souvent donné aux plus jeunes sous formes de petites barrettes, pour amorcer ensuite une consommation qui va devenir régulière et conduire aux conséquences décrite précédemment par le Dr COQUS.
Drogue du viol : certains médicaments psycho-actifs sont détournés depuis quelques années de leur utilisation normale, ils sont plus particulièrement utilisés dans les soirées ou les night club. Déposés subrepticement dans une boisson alcoolisée, ils enlèvent tout souvenir à la personne victime, souvent des jeunes filles ou jeunes femmes.
La parole est ensuite laissée aux participants, pour poser des questions aux deux intervenants et en même temps solliciter l’avis des parents participants.
Une question particulièrement cruciale est abordée : lorsqu’un enfant ou un groupe d’enfants est concerné, que faire ?
Faut-il se taire, car cette réalité n’est jamais agréable à gérer pour une famille, faut-il en parler avec son enfant, au sein de l’Ecole et à la police ?
Médecins, policiers et responsable d’établissement ont une seule réponse : il faut en parler !
Les adolescents concernés sont généralement en grande souffrance, et notre responsabilité d’éducateurs à leur égard ne peut être éludée à un stade ou souvent il est encore temps d’éviter l’escalade dans la consommation de drogues de plus en plus dures.
L'ENVIE D'APPRENDRE EN PÉRIL
Par Mireille DUPOUY
Psychologue et spécialiste de la petite enfance
L'envie d'apprendre se manifeste dés la naissance nous a affirmé la conférencière en prenant des exemples précis.
"l'apprentissage est en nous. Léa , une petite fille de deux mois est déjà incroyablement disposée à l'apprentissage. Elle oriente sa petite tête vers une voix étrangère, une dame qui chante la même chanson que celle chantée par sa maman peu de temps avant"
"l'enfant s'intéresse et se désintéresse tout aussi rapidement, car il veut systématiquement se rendre disponible pour apprendre. Dès 28 à 30 mois, c'est la phase d'exploration du langage : l’enfant peut apprendre 20 à 30 mots nouveaux par jour »
« apprendre, c’est donc une formidable envie ! ».
Mais qui a donc tué l’envie d’apprendre ?
La conférencière a donné quelques pistes.
Il existe un mécanisme très puissant qui empêche cette envie vitale d’apprendre.
En effet, nous sommes dans une société où beaucoup d’enfants ont totalement perdus ces trois notions : le risque, la peur et l’effort.
Par peur de se tromper, beaucoup de jeunes optent pour des conduites à moindres risques. Confrontés aussi à devoir fournir un effort particulier, ils préfèreront choisir celui de l’ investissement personnel minimum.
Ce sont quelques expériences et pistes de réflexion que Mme DUPOUY à voulu nous faire partager, car les participants n’avaient pas perdu l’envie d’apprendre, comme ils l’ont démontré par les nombreuses questions posées à la conférencière !
COMMENT MOTIVER ET ENCOURAGER NOS ENFANTS FACE AUX NOTES SCOLAIRES
Par Michel Gastelblum
Professeur à Charleroi (Belgique)
Intervenant au Centre National de Formation de l’ Enseignement Privé de Lille
Plusieurs faits s’imposent à tous les parents d’aujourd’hui :
• La difficulté d’être parent, car « il n’y a pas d’école pour apprendre à être parents », contrairement aux autres savoirs qui s’acquièrent par transmission des connaissances.
• La Société a profondément changé : celle où vivent les jeunes en 2004, n’est plus celle où ont vécu leurs parents au même âge : argent plus facile, confort matériel, place omniprésente des médias et des nouvelles technologies de communication (TV, Internet, portables).
• Les jeunes d’aujourd’hui sont confrontés à 3 univers dont ils n’arrivent pas toujours à distinguer les frontières :
L’univers du réel, c’est celui auquel dans l’espace temps, nous sommes le plus souvent confrontés, avec les devoirs et obligations de tous les jours.
L’univers du fictif, avec des situations fortement idéalisés dont se nourrissent les programmes de TV : jeunes disposant de confort matériel hors du commun, dans des situations et des environnements de rêves ou de loisirs, où l’oisiveté est le plus souvent la règle, situations que ne connaissent pas 99, 9 % des jeunes spectateurs.
L’univers du virtuel, qui se présente aux jeunes dans les nombreux films et séries TV de plus en plus violents, sans rapport avec la réalité sociale communément vécue, les jeux vidéos les plus abjects où tuer est devenu un divertissement faisant gagner des points avec bonus accordés en fonction de l’âge de la victime !
On comprend que la fréquentation assidue des deux derniers univers peut se révéler extrêmement perturbant pour des jeunes fragiles et sans grands repères et avec des parents souvent absents ou peu impliqués.
La motivation qui va permettre au jeune de « s’investir » dans son activité scolaire et ses différentes occupations para-scolaires va constituer un élément essentiel de sa réussite. Cette « énergie » individuelle ne se déclenche que si les conditions d’environnement et de vie sont propices et en adéquation avec les attentes et les désirs exprimés par l’adolescent.
Les résultats scolaires vont traduire la plus ou moins bonne adaptation du jeune à l’univers éducatif ;
L’évaluation sous forme de notes tout au long des trimestres et de la scolarité va permettre de situer le jeune par rapport au groupe de référence, la classe, et de mesurer au fil des mois et des trimestres, son aptitude à améliorer, à se maintenir voire à régresser dans les différentes matières.
Bien que la notation reste assez relative et parfois sujette à de profonds écarts entre plusieurs correcteurs, comme l’a montré le conférencier au travers d’études de docimologie réalisée en France et en Belgique, la note est un signe que les parents et les éducateurs ne doivent pas négliger.
Dans certains cas c’est un signal d’alarme d’un jeune en difficultés et parfois en véritable détresse. Si les situations extrêmes de suicide sont rares, on en dénombre chaque année en France.
D’ou la nécessité d’avoir une lecture régulière du bulletin de notes avec son enfant en évitant surtout de poser la question « Pourquoi cette mauvaise note ? » et en lui préférant une formulation avec « Comment as tu fait pour obtenir une telle note ? ».
Eviter surtout de porter un jugement sur l’intelligence du jeune, de le comparer à d’autres élèves plus performants, de le pénaliser par des punitions ou privations.
Lui préférer une valorisation de ses résultats si minimes soit-il, l’encourager, en donnant du sens à l’activité scolaire et à son rôle d’apprentissage dans la connaissance.
« ce qui reste, c’est ce que l’on a appris, pas les notes »
Donner à l’enfant des objectifs atteignables et réalistes, et lui permettre de travailler dans des conditions matériels satisfaisantes (bureau à lui, dans le calme, TV éteinte)
Le conférencier signale une expérience lancée dans les années 90 dans un établissement d’ Arlon en Belgique. L’évaluation est faite par les différents professeurs, par l’élève également, mais l’originalité de la démarche est de demander aux parents leur propre évaluation selon une grille de critères comportementaux de l’enfant. Cette expérience se poursuit toujours eu égard à la richesse de la démarche qui réunit les trois acteurs.
Enfin, une motivation insuffisante de l’enfant peut être décelée par quelques indices comportementaux :
Remettre ses décisions à plus tard
Avoir des difficultés à se décider
Se fixer des objectifs inatteignables
Expliquer ses échecs en jetant le blâme sur les autres
Croire que ses chances de succès sont réduites
En conclusion, les parents doivent être vigilants et assurer un suivi régulier et attentif des notes de leurs enfants en relation étroite avec l’équipe éducative.
Ouvrages conseillés à la lecture :
Faites les réussir et Vaincre l’échec scolaire de Marie France Le Meignen Editions Organisation
LES NEUF FONDAMENTAUX DE L’ ÉDUCATION
par le Père Yannick Bonnet
Diplômé de l’école Polytechnique, consacré prêtre en 1999 après un parcours professionnel exemplaire comme cadre supérieur d’un grand groupe chimique puis, Directeur de l’Ecole Supérieure de Chimie Industrielle de Lyon, le Père Bonnet intervient désormais fréquemment auprès de groupes d’enseignants et de parents.
Le conférencier aborde tout d’abord la crise qui marque la Société française d’aujourd’hui, mettant l’accent sur trois points particuliers, le rôle envahissant de l’argent, la crise des valeurs morales et de l’intelligence
Des troubles de l’adolescence de plus en plus fréquents et à un âge toujours plus précoce sont observés chez nombre de jeunes. Les trois grandes institutions : famille, école et entreprise manifestent ce sombre constat.
« les neuf fondamentaux de d’éducation » ont fait l’objet d’un ouvrage écrit par le conférencier destiné aux parents et éducateurs à la recherche de règles simples à mettre en oeuvre dans la relation avec les enfants.
Nous avons retenus les 4 premières d’entre elles :
développer la confiance en soi,
démystifier l’inquiétude sur l’avenir,
donner de l’autonomie aux enfants,
apprendre aux enfants à respecter des règles de vie.
Vous pourrez vous reporter à l’ouvrage du Père Yannick Bonnet :
Les neuf fondamentaux de l’Education Presses de la Renaissance
LA GESTION MENTALE
Madame France Pagès
Orthophoniste, formatrice en Gestion Mentale
Comment bien débuter l’année scolaire et quels sont les gestes mentaux qui favorisent la réussite scolaire de nos enfants ?
Voilà un sujet qui ne pouvait pas laisser indifférents la centaine de parents qui ont suivi avec beaucoup d’attention les propos de la conférencière.
D’entrée de jeu l’intervenante a soumis les parents présents à un petit test de lecture et de compréhension d’un hiéroglyphe représentant le nom de CLEOPATRE. Après quelques minutes d’observation et de réflexion laissées aux participants, la conférencière a demandé à quelques parents d’évoquer leur propre perception et mémorisation relatives aux symboles présentés qui ont tous donné lieu a des commentaires et interprétations fort différents.
Cet exercice avait pour but de faire comprendre aux parents présents, la situation mentale dans laquelle peuvent se trouver de jeunes enfants qui découvrent pour la première fois l’orthographe et ses signes.
En effet, le fonctionnement mental de tout être humain obéit à certaines lois décrites selon un processus en quatre étapes : perception, évocation, mémorisation et compréhension, décrites par un spécialiste de la question, Antoine de la Garanderie.
La perception : elle fait généralement appel aux différents sens : ouï, vue, toucher , odorat, mais elle est insuffisante en elle même.
« il ne suffit pas de percevoir une information pour la garder »
L’évocation : les enfants n’ayant pas tous le même contenu de conscience , on peut les regrouper en 4 groupes selon le type d’évocation produite. La conférencière a utilisé le mot « hémicycle » comme exemple. Parmi les enfants certains se réfèrent :
à une image proche de la réalité (ex : un théâtre romain en demi-cercle)
à des codes (h-e-m-i-c-y-c-l-e) : lettres de l’alphabet qui composent le mot
à des liens logiques ( hémi en référence à hémisphère, cycle en référence à bicyclette)
à des liens inédits du fait de l’imaginaire ( dessin d’une maquette inédite d’un hémicycle)
La mémorisation : pourquoi mémoriser, sinon pour anticiper le moment futur où l’on aura besoin de l’information.
Exemple donné de la clef cachée au moment du départ en vacances et qu’on ne retrouve pas au retour, car l’objectif prioritaire de la cachette était de se protéger du vol et non pas de la retrouver au retour.
La compréhension : pour arriver à cette situation de compréhension, il s’agit de tisser des liens logiques soit en effectuant :
des gestes de réflexion : en recherchant dans les connaissances acquises des informations qui nous manquent (ex : évaluer en € une somme donnée en francs, autre ex qui est la belle mère de ma mère ?)
des gestes d’imagination : perception de l’univers pour en dégager des gestes inédits.
(exemple de Denis Papin qui découvre la force motrice de la vapeur en observant un couvercle de marmite d’eau bouillante qui se soulève)
Quelques recommandations :
A la suite de cet exposé parfois un peu théorique sur les gestes mentaux qu’il convient d’effectuer, la conférencière a insisté sur quelques règles et attitudes que parents et éducateurs devraient mettre en pratique.
Mettre toujours en avant les réussites même minimes d’un enfant, et ne jamais désespérer un enfant en difficultés
« pour réussir un enfant a besoin d’anticiper sa réussite »
Inciter les jeunes enfants à « écrire dans leur tête », parfois en simulant avec la main les gestes d’écriture.
Instaurer le principe de la ritualité : ce que l’on fait par habitude, à des heures et des moments précis est toujours plus facile à réaliser.
Leur apprendre à découvrir les points importants d’un cours. Les meilleurs élèves ne sont pas les plus intelligents mais ceux qui savent anticiper et découvrir dans un cours ce que le maître ou l’enseignant attend d’eux et qui fera immanquablement l’objet du prochain devoir ou d’une interrogation ultérieure.
Ouvrages conseillés à la lecture :
Réussir ça s’apprend - Antoine de la Garanderie - Bayard Editions
Lire et comprendre - Antoine de la Garanderie - Bayard Editions
Pour une pédagogie de l’intelligence - Antoine de la Garanderie - Bayard Editions
La grammaire est une chanson douce - Eric Orsenna - Edition Stock
RYTHMES DE VIE ET PERFORMANCES INDIVIDUELLES
Professeur Jacques Revel, Neurophysiologiste
Directeur de la recherche à la NASA à Houston (USA)
Le conférencier, a tenu en haleine un auditoire très attentif à une présentation riche et documentée par de nombreuses expériences conduites sur des populations diverses, de nouveaux nés, de scolaires, d’adultes et aussi de militaires concernés par les vols spatiaux. Le thème traité, ainsi que les nombreux exemples commentés au cours de la soirée, se rapportaient à la question suivante qui devrait interpeller parents d’élèves et éducateurs :
Existe t-il un rapport quantifiable entre les heures de sommeil et les résultats scolaires de nos enfants ?
Les études récentes menées depuis moins d’un demi-siècle auprès de population d’adultes et de scolaires viennent aujourd’hui démontrer que malheureusement les enfants scolarisés et les adultes au travail vivent souvent en total décalage avec « leur horloge biologique » et donc manifestent un rendement très médiocre dans leur activité.
« une étude menée en Allemagne auprès d’adolescents de 15 ans, montre que 56 % d’entre eux avaient besoin de dormir en début d’après-midi »
Les rythmes biologiques bien connus de nos grands parents, mais ignorés des générations de parents actuels, sont de moins en moins respectés comme le souligne le conférencier à partir d’ une enquête récente auprès d’élèves de 6ème , démontrant la corrélation indiscutable entre les heures d’exposition à la TV et les résultats scolaires.
« plus de 60 % des adolescents regardent la Télé au delà de minuit ! »
Plus proche de nous, un résultat d’enquête qui surprendra beaucoup d’entre nous :
« 32 % des enfants de la Région Champagne Ardennes disposent d’une télévision dans leur chambre ! »
Plus inquiétants encore pour nous parents et éducateurs, le constat suivant rapporté par le conférencier :
« les enfants en difficultés à l’école, sont aussi majoritairement ceux qui ont la plus grande exposition au petit écran ».
Ce rôle néfaste d’une surexposition à la TV a pu être corroboré par une expérience contraire : durant une année, les enfants en grande difficulté d’une institution scolaire ont été exposés un temps décroissant aux émissions de télévision, le taux de 72 % d’enfants en grande difficulté a été réduit des 2/3. Expérience pour le moins stupéfiante !
Ainsi, est-il démontré scientifiquement, que le temps de sommeil et sa régularité est particulièrement important chez nos jeunes car il assure le phénomène de mémorisation et influence directement leurs résultats scolaires.
Malheureusement, la France dans cette situation fait aussi figure d’exception, avec le système éducatif le plus inadapté au monde, par la surcharge des heures de travail et par la plus longue durée des congés scolaires.
Alors, en attendant une très hypothétique réforme des programmes et horaires scolaires, les parents doivent veiller à assurer à leurs enfants un sommeil de bonne qualité et un nombre d’heures suffisant, sans oublier les marques de tendresse aux plus petits (conduire chaque soir les enfants au lit et ne pas oublier bisous et câlins),
et le conférencier de conclure sur le rôle éminemment important du sommeil :
« le sommeil n’a jamais rendu personne intelligent, mais il permet la mémorisation »
LES RELATIONS ENTRE PARENTS ET ENFANTS ET LE DIALOGUE EN FAMILLE
Père Denis Sonet, prêtre du diocèse de Troyes
Formateur du mouvement familial du CLER
Par sa qualité de formateur et ses nombreuses interventions dans les collèges et les lycées, le Père Denis Sonet rencontre chaque année des milliers de jeunes.
En plus de ses rencontres avec les jeunes, ses contacts fréquents avec des parents en difficultés relationnelles avec leurs enfants, lui ont permis d’acquérir une compétence presque unique sur la compréhension de la relation parents-enfants.
Quelles raisons aujourd’hui expliquent plus particulièrement la difficulté du dialogue parents-enfants ?
Tout d’abord le conférencier a voulu tordre le cou a une idée reçue : le problème relationnel entre parents et enfants, ne date pas de notre époque car citant plusieurs auteurs grecs de l’ Antiquité ceux ci déploraient déjà l’attitude peu respectueuse des jeunes.
« Notre jeunesse aime le luxe, elle est mal élevée, elle se moque de l’autorité et n’a aucune espèce de respect pour les anciens…Ils ne se lèvent pas quand un vieillard entre dans la pièce, ils répondent à leurs parents … » (Socrate : -470 399 av. J-C).
Il a même été retrouvé en Egypte une trace écrite encore plus ancienne qui rapportait déjà des faits similaires sur la jeunesse !
« notre monde a atteint un stade critique .Les enfants n’écoutent plus leurs parents. La fin du monde ne peut être loin » (un prêtre Egyptien, 2000 av. J-C).
Les causes des difficultés de dialogue entre parents et enfants sont multiples, mais schématiquement elles trouvent leur origine au sein des familles dans la manière de communiquer des parents qui le font avec plus ou moins de bonheur, mais elles sont aussi la résultante de courants de pensée diffusés par la Société dans laquelle nous vivons et qui imposent un type de comportement qui appartient à l’attitude « politiquement correcte » du moment.
• Deux types d’éducation se côtoient dans les familles d’aujourd’hui : le type « sévère » qui était celui de nos grands parents, qui interdisait toute contestation dans la cellule familiale et fonctionnait par dictat « je t’interdis …tu feras ce que je te dis ». Ce modèle a quasiment cessé de fonctionner depuis plusieurs décennies, la très grande majorité des familles ayant adopté après 1968, le mode « libéral », qui comme pour l’économie d’aujourd’hui préconise « le laisser faire ».
Dans la réalité vécue, les situations de blocage se retrouvent dans les deux modes d’éducation, d’autant qu’un phénomène nouveau est apparu, la disparition tragique de l’autorité du père.
Compréhensible dans les cellules familiales monoparentales où la mère se retrouve seule à assumer l’éducation des enfants, le désengagement paternel est tout aussi flagrant dans les cellules familiales à deux parents, où les pères ont pris l’habitude de déléguer en totalité leur fonction d’éducateur, à la maman. ( la conférence d’aujourd’hui était d’ailleurs symptomatique de cet état de fait, par la très large absence relevée par le conférencier, des pères parmi les participants, peut être un sur dix présents seulement !).
• Des enfants trop souvent trop gâtés, possédant tous les derniers produits issus des dernières technologies, sans aucune prise de responsabilité dans la famille et cela jusqu’à un âge tardif dû à l’allongement des études. Par ce comportement, les parents se donnent bonne conscience, en achetant une certaine tranquillité relationnelle sans pour autant demander en contrepartie un engagement de la part de leurs enfants.
« Vos enfants vous les aimez trop ! » dira le conférencier.
• Des enfants peu consultés ou impliqués que ce soit, en famille , à l’école, dans la vie de la cité. Les jeunes sont rarement sollicités même pour donner leur avis. D’ailleurs, ils n’ont pas le droit à la parole , « les conseils municipaux d’enfants sont l’exception dans notre pays relèvera le Père Sonet » .
Et en fait plus que les adultes, les enfants débordent de créativité, se plait à rappeler le conférencier citant de nombreux exemples vécus.
• Une vision trop pessimiste de l’avenir transmise par le monde des adultes, souvent proche du catastrophisme, comme « le trou d’ozone » , « les emplois bouchés pour le futur alors qu’on sait que dans les prochaines années avec les départs massifs à la retraite la France manquera cruellement d’actifs! »
« on n’est plus aujourd’hui à l’époque de la transmission mais de l’échange des valeurs, laissons nos enfants nous enrichir de leurs valeurs ».
• Enfin, une hyper-médiatisation des comportements les plus déviants ( drogue, crime, sexe) dans les médias les plus fréquentés par les jeunes ne peut qu’interpeller voir influencer les adolescents parmi les plus fragiles.
« un jeune qui regarde la TV, avec les films qui nous sont proposés aujourd’hui aura visionné plus 100.000 meurtres dans sa vie ! ».
Toutefois le conférencier souligne un point très positif qui est observé depuis une quinzaine d’années : l’existence d’un dialogue plus fréquent que dans la génération précédente entre parents et enfants.
Alors que faire ? Le père Sonet propose quelques règles simples…
1) Face à une demande ou à une révélation inattendues d’un jeune, garder son calme, rester serein et éviter tout emportement et déclaration péremptoire n’admettant ni la discussion ni retour en arrière, attitude que le conférencier appelle « modérer le plexus » .
2) Il faut savoir « écouter ». La proposition paraît simple mais généralement elle n’est pas appliquée.
3) Il faut se rendre « disponible »,et dialoguer de façon positive, proposition qui s’adresse plus particulièrement aux pères trop souvent absents, car absorbés par le travail.
4) Il faut aimer mieux ses enfants (mais pas trop) et surtout leur dire qu’ils sont aimés (il n’y a pas d’amour qui ne soit exprimé)
Pour terminer, une idée originale pour apprendre à communiquer en famille…
Réunir périodiquement tous les membres de la famille, parents et enfants en une sorte de Conseil d’Administration que le Père Sonet appelle « le Conseil Démocratique de la Famille », où chacun aura la possibilité de s’exprimer le plus librement possible sur ses désirs, et ses projets, permettant ainsi à la cellule familiale d’entériner des décisions qui concernent chacun de ses membres et également toute la famille.
En conclusion, le conférencier engage les parents à toujours prendre les choses avec beaucoup de sérénité et à engager le dialogue avec leurs enfants c’est à dire à les « écouter » et à « parler » avec eux, sans omettre de leur prodiguer tendresse et admiration. En un mot il faut « apprendre à communiquer » et le père Sonet de conclure par cette belle image, « faites découvrir à chaque enfant, le diamant qu’il a en lui ».
Ouvrages écrits par le Père Denis Sonet
La communication, collection dossier, éditeur : Le Livre Ouvert
L’art d’être parents et grands parents, collection dossier, éditeur , Le Livre Ouvert
Découvrons l’amour, éditeur DROGUET & ARDANT 2001
Leur premier baiser, collection l’aire de la famille, éditions Saint-Augustin
LES ADOLESCENTS ET LEURS DIFIFICULTÉS
Dr Rifaï, Psychiatre à Reims
Le conférencier, a tout d’abord rappelé que l’adolescence, comprise entre 11 et 19 ans, correspondait pour chaque individu à une étape de crise mais aussi de construction nécessaire.
L’OMS, distingue d’ailleurs 3 stades, le premier, la pré-adolescence (ou la puberté) de 10 à 13 ans pour les filles, plus tardif chez les garçons de 12 à 15 ans, le second, l’adolescence jusqu’à 17 ans pour les filles, peut se prolonger jusqu’à 18 ans pour les garçons et enfin le troisième, la post-adolescence, stade où les jeunes accèdent à la maturité, à l’autonomie et sont devenus véritablement des hommes et des femmes.
Néanmoins, on observe dans nos sociétés modernes un allongement du temps de l’adolescence généralement accompagné d’ une prise d’autonomie plus tardive , dû à une scolarité plus longue et à une entrée retardée dans la vie professionnelle.
L’adolescence, c’est donc une période de crise et de perturbations où les jeunes vont avoir à régler plusieurs problèmes, notamment, le conflit oedipien et la découverte de leur sexualité.
Certains « adolescents en crise » peuvent en éprouver des troubles psychiques, d’autant plus, qu’il s’agit de souffrances qui à cet âge sont difficiles à verbaliser dans l’ entourage familiale. Parfois les enfants manifestent cette situation par des inhibitions, un repli sur soi, voire même des comportements carrément outranciers.
Les troubles du comportement peuvent alors conduire à des situations de baisse des résultats scolaires, de réactions de fuite avec fugues possibles. Le risque majeur, bien qu’exceptionnel, étant le risque suicidaire.
Quelles pathologies sont les plus souvent rencontrées, et à quels signes les parents doivent ils être plus particulièrement attentifs ?
1) La dépression : Les syndromes dépressifs peuvent être détectés par l’observation de différents types de troubles.
troubles de l’humeur (tristesse, irritabilité)
troubles de la pensée (sentiment permanent d’infériorité, mal être, incompréhension de l’entourage)
le jeune dira souvent « je suis nul », « je n’arrive à rien »
troubles du comportement (attentisme, fléchissement scolaire, conduites agressives ou impulsives)
Les troubles mentionnés sont souvent accompagnés d’autres signes : sommeil perturbé, alimentation anarchique, plaintes concernant des douleurs localisées le plus fréquemment à la tête, aux poumons, dans la sphère digestive.
2) les troubles anxieux : fréquents à cet âge,. on distingue plus particulièrement :
a)les attaques de panique : crises d’angoisse intenses qui es produisent sans facteur déclenchant bien identifié. La crise va se manifester par des troubles comme des malaises, des palpitations, des sueurs, des sentiments d’étouffement et d’oppression thoracique. Souvent, la peut d’avoir d’autres crises (agaraphobie) induit des comportement d’évitement de situations ou d’endroits supposés déclencher la panique.
b) Les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) : idées obsédantes, manies et gestes répétitifs qui vont rendre la vie rapidement impossible.
c) La phobie sociale : elle va se manifester par la peur de l’autre et donc par des conduites d’évitement qui peuvent amener à des situations de désocialisation.
Les troubles anxieux lorsqu’ils s’aggravent peuvent engendrer une dépression avec son risque suicidaire.
3) Les troubles alimentaires : sont très fréquents à cet âge. Ils se manifestent sous formes de périodes passagères d’anorexie et/ou de boulimie. La forme la plus grave étant l’anorexie mentale avec ses trois signes cardinaux :
Anorexie sous forme de restriction alimentaire délibérée et sélective
Amaigrissement important
Aménorrhée
L’anorexie mentale concerne plus particulièrement la population féminine dans 90 % des cas constatés.
Le conférencier rappelle en conclusion qu’il ne faut pas dramatiser la situation de cette étape nécessaire de la vie des jeunes . En effet, prés de 80 % des adolescents franchisent cette étape relativement sans problème même s’ils peuvent connaître passagèrement certains de ces troubles.
Les parents d’adolescents doivent donc rester très attentifs et vigilants, et veiller à ce que les manifestations de ces troubles ne perdurent ni ne s’intensifient. Dans le cas contraire, une démarche de conseil auprès de leur médecin généraliste ou d’un spécialiste est vivement conseillée.
Voici quelques ouvrages proposés à la lecture par le Dr Rifaï :
Répondre à 100 questions sur l’adolescence par Philippe Jammet . Ed. SOLAR
Quand l’adolescent va mal par le Dr Xavier Pommervau . coll. J’ai Lu
Tracas d’adolescent, soucis de parents par Daniel Marcelli et Guillemette de la Bovie. Ed.Albin Michel
La cause des adolescents par Françoise Dolto. coll. Pocket
« DROITS ET DEVOIRS DES MINEURS RESPONSABILITE PARENTALE »
Avec l’Association d’Action Educative de la Marne (A.A.E.M)
Intervenants :
Madame Marie Claire Ballu
Assesseur au Tribunal pour enfants
Présidente de l’A.A.E.M
Madame Annie Apeloig
de la protection judiciaire de la jeunesse, responsable du service éducatif attachée au Tribunal de Reims
Administrateur Adoc pour les enfants victimes
L’exposé des conférenciers, a été consacré à un rappel historique sur le droit des mineurs, suivi d’une présentation des situations auxquelles les juges pour enfants sont habituellement confrontés.
L’historique des Droits de l’enfant remonte à 1789, date à laquelle les droits de l’enfant sont pour la première fois évoqués. Mais le premier texte de portée internationale, la déclaration de Genève, ne voit le jour qu’ en 1924.
Le texte le plus récent, la Convention internationale des Droits de l’enfant, est signé en 1989. Il ne sera paraphé par la France qu’en 1990. Depuis, quelques amendements ont du être apportés à la loi française pour une mise en conformité de notre législation avec la Convention (notamment, nouvelles dispositions sur l’accouchement sous X, et sur l’ING).
Les conduites délictueuses observées chez certains adolescents sont ensuite abordées.
Les petits délits les plus fréquents : injures, actes violents, recels, vols et complicité de vol sont constatées dans toutes les couches de la société sans exception.
L’usage de plus en plus fréquent de la drogue par les jeunes, représente aussi une part importante des délits dans la population scolaire de notre région. A cette occasion, l ’attention des parents est plus particulièrement attiré sur deux circonstances qui sur Reims et sa région ont été à l’origine de plusieurs affaires récentes.
Cas des parents qui s’absentent et qui laissent à leur enfant, l’usage de la maison durant une soirée ou un week-end pour organiser une fête entre amis. En général les copains amènent d’autres copains non connus des participants et c’est là que le dérapage commence.
Cas de jeunes adolescentes, qui lors de sorties en boîte de nuit, ont absorbé dans leur boisson à leur insu des comprimés qui les ont rendues totalement amnésiques plusieurs heures durant.
Les deux conférenciers appellent à une plus grande vigilance des parents en regrettant que certains aient pris l’habitude de transférer de plus en plus fréquemment leur responsabilité éducative, sur l’école et ses éducateurs, et dans les cas extrêmes sur les juges et les policiers.
A cet effet, il est rappelé que la responsabilité pénale des enfants, instituée par la loi de 1945, peut être engagée dés l’âge de 13 ans, et qu’elle peut conduire à incarcérer de très jeunes adolescents pour des actes particulièrement graves,
Qui sait qu’ une dizaine de jeunes adolescents sont incarcérés tout près de nous à la prison de Reims ?
Un grave problème de société, qui demain peut aussi nous concerner !
Quelques adresses utiles :
A.A.E.M, 46 rue Chabaud à Reims tel : 03.26.03.56.38
A la disposition des parents et des ados pour poser des questions…et trouver des réponses.
Permanence : le 1er mardi de chaque mois de 15 h à 18 h.
Ordre des Avocats « Maison de l’Avocat » Place du Chapitre à Reims tel : 03.26.49.53.26
Tu as des problèmes ?…Tu es désorienté ?… Conseillers et Avocats te reçoivent et t’écoutent.
Ils sont à ta disposition gratuitement.
Permanence : 1er et 3ème mercredi du mois de 14 h à 16 h.
LES SECTES : UN DANGER POUR NOS ADOLESCENTS
Madame El Mountacir
Chargée de mission au CCMM
(Centre de documentation, d'éducation et d'action contre les manipulations mentales)
En France, le problème est particulièrement crucial, puisque notre législation ne donne pas de définition juridique des sectes, la plupart d'entre elles empruntant le statut d' association loi de 1901, statut qui leur permet sous le couvert d'activités diverses de cacher leurs véritables objectifs. Les sectes ont d’ailleurs fait l'objet en mai 2001 d'un rapport parlementaire.
Quelques critères donnés par le CCMM permettent face à un organisme inconnu, de soupçonner l'existence d'une secte : un fonctionnement non démocratique, la présence à sa tête d'un « gourou », la promesse du bonheur, la gestion complète de la vie des adeptes. Toutes les sectes développent des stratégies de séduction sous la forme de «masques» qui peuvent emprunter des thèmes variés dans l'ordre religieux, la santé, l'écologie, le développement personnel, l'enseignement, les loisirs, pour ne citer que les plus fréquents et qui insidieusement vont capter l'individu à un moment particulier d'une difficulté existentielle.
Les enfants et les adolescents sont la cible privilégiée des sectes car ils sont plus particulièrement fragiles et vulnérables. Ils représentent aussi lors de I'atteinte de la majorité, le moment idéal pour la recherche à moindre risque de nouveaux adeptes.
La sortie d'une secte étant toujours très délicate pour des individus complètement déstructurés, mieux vaut se tenir en alerte et être très attentif aux lectures de nos jeunes, premier canal de sensibilisation aux sectes et aussi à Internet devenu un vecteur privilégié d'information et de recrutement.
Pour votre information personnelle vous pouvez consulter un petit guide particulièrement instructif et rapide à lire (64 pages), réalisé par le CCMM Centre Roger Ikor aux références suivantes :
Les Sectes, éditions Milan dans la Collection les Essentiels Milan .
Vous pouvez également vous mettre en contact avec le CCMM :
Centre Roger Ikor - 15 rue Alexandre Dumas - 75011PARIS
Tel : 01.44.64.02.40 ou site Internet : www.ccmm asso fr
LA PERTE D’UN ETRE CHER
Docteur Anne-Catherine BRIDE-ROLLAND
Pédopsychiatre chef de clinique au CHU de Reims
Comment aborder la perte d’un être cher avec nos enfants petits ou grands ?
Pour cette situation qui correspond à la perte d’un être proche le terme de «deuil », est celui qu’il faut préférer. D’ailleurs aujourd’hui, c’est celui qui est le plus couramment utilisé dans notre société, s’agissant aussi bien de la disparition d’une personne aimée que de la perte de son «job ». On dit communément «j’ai un deuil à faire ».
L’état de deuil, manifeste d’abord une situation de perte irréversible, qui n’est pas sans conséquences au niveau affectif. Dans notre société occidentale «on va porter le deuil », pour ensuite faire «le travail de deuil », période plus ou moins longue selon les individus, pour conduire à se détacher de l’objet sur lequel on avait fortement investi. Toute cette démarche implique, du temps, de la peine, et parfois beaucoup de souffrances.
Chez le très jeune enfant le concept de la mort est inséparable du concept de vie. Ce n’est que vers 8/9 ans avec le développement cognitif de l’enfant, que l’idée de vie et de mort devient bien dissociée.
Par rapport aux adultes l’enfant peut-il effectuer ce travail de deuil ?
Lorsqu’il s’agit de parents éloignés, grands-parents par exemple, l’enfant supporte assez facilement cet événement. En revanche, quand il s’agit de la perte du père ou de la mère, c’est un véritable choc qui s’impose à l’enfant par les changements occasionnés et du fait du surinvestissement psychique et affectif sur l’objet perdu.
Cette situation requiert à la fois pour le parent qui doit vivre cette disparition et le ou les enfants, de parler ensemble, à la fois pour témoigner de la peine éprouvée par chacun face à cet événement. Pour l’adulte il s’agit de créer un nouveau climat de confiance dans une situation qui peut s’avérer angoissante et moins sécurisante afin d’ éviter que l’enfant se croit responsable de ce qui arrive.
Des complications peuvent survenir, lorsque autour de l’enfant n’est pas assurée une continuité familiale forte et chaleureuse, tant par le parent survivant que par l’entourage familial, les amis, et l’école et surtout lorsque l’enfant vient a être placé en institution à la suite de cet événement. Dans ce dernier cas, des conduites psycho-pathologiques aux conséquences dramatiques ne sont pas rares.
Au final, un débat difficile mais qui un jour ou l’autre peut nous concerner.
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